Billet d’humeur : Plaidoyer pour une rêve-party

Article

 

Il faut s’imaginer la campagne brétillienne en hiver. Un pays ponctué de bocages balayés par le vent atlantique et de plaines vaguement vallonnées parsemées de villages dont la monotonie va croissante à mesure que l’on s’avance à l’intérieur des terres. Ci et là des zones pavillonnaires avec leurs lopins, leurs lots de petites maisons clé sur porte enduites de crépi, dotées de jardinets tristounets, de carports, de mobilier en plastique terni. Le capital à crédit d’une France besogneuse. Un paysage mi-bucolique, mi-suburbain, empreint d’une insondable mélancolie. La France provinciale, la France proverbiale.

C’est fin décembre 2020 et c’est plus triste encore que n’importe quelle autre fin décembre. La plupart des locaux sont retranchés, terrés dans leur unité d’habitation. Certains sont aux aguets, guettant tout mouvement suspect dans le voisinage. A quelques arpents de là domine un immense hangar en déshérence. C’est là que se sont donnés rendez-vous des centaines de jeunes – et de moins jeunes – gens pour venir danser et fêter l’année qui passe. Certains sont venus de très loin, de tous les recoins de l’hexagone. Les images qui nous parviennent sur l’écran de nos téléviseurs montrent ce qui n’est déjà plus qu’une après-fête. Les réjouissances ont eu lieu et ne subsistent que quelques agrégats de danseurs aux mines patibulaires, abreuvés de mauvaise vodka ou dopés au MDMA, ou des deux, qui se déhanchent mollement, sans conviction. Leurs pieds se traînent sur un sol jonché de détritus, de canettes, de mégots. Même la techno qui sort des haut-parleurs semble plombée. De la rave ne demeure que la trace d’un rêve. Un lendemain qui déchante.

Au dehors, la presse, les caméras et des combis de flics sont présents par dizaines.  L’événement est suivi en direct par toute la France. Les commentateurs y vont de leur billet, les commentaires fusent. On parle d’irresponsables, d’écervelés, d’inciviques tandis que les organisateurs sont dans le collimateur. Cet événement – en réalité un non-événement – s’ajoute et complète le grand spectacle de la catastrophe qui, soir après soir depuis près d’un an, occupe nos esprits et nos télévisions. Pour l’heure, les forces de l’ordre s’organisent, délimitent un périmètre d’intervention. L’assaut n’est pas donné, ce qui compte c’est la sécurité : celle des pandores, celle des riverains et celle des danseurs dont on attend qu’ils vident les lieux.  

Après l’heure fatidique ce seront les injonctions, les verbalisations, les inculpations. Les choses s’enchaînent assez vite. On évoque d’ores et déjà un nombre record d’amendes et d’interpellations. Les organisateurs sont présentés comme des délinquants de grand chemin. Le procureur de la République n’a pas attendu le procès pour lâcher son réquisitoire, il le détaille sur les ondes. Un des organisateurs, 21 ans à peine, est mis en détention. Les chaumières françaises peuvent à nouveau respirer en paix. Le bras armé de l’Etat de droit a mis fin au tumulte. Les choses sont rentrées dans l’ordre. La récréation est terminée. Le paysage a retrouvé son immobilité. L’ennui a repris prise.    

Tout ça pour ça. Car danser en groupe est dorénavant un acte d’une grande malveillance, mettant gravement en danger la vie d’autrui. Un crime, un crime qu’il faut châtier, et sévèrement s’il vous plaît. Cet événement aurait pu se dérouler en Belgique ou dans tout autre pays européen (à l’exception peut-être de la Suède où il subsiste encore une vraie pensée libérale…), il aurait connu peu ou prou les mêmes développements. En l’espace de quelques mois, l’état de nos libertés constitutionnelles et de nos droits fondamentaux s’est comme contracté, rétréci au lavage d’une poudre qui lave plus blanc que blanc.

L’hygiénisme est dorénavant omniprésent, omnipotent, omniscient. Il charrie dans son sillage ses logorrhées rassurantes qui ressemblent sans en avoir l’air aux messages des banderoles du parti communiste chinois : « ensemble nous y arriverons », « ensemble nous vaincrons ». Il s’appuie sur son incessant logos sécuritaire et déroule son mantra pseudo-compassionnel devenu insupportable à force d’être martelé tel un impératif catégorique : « prenez soin de vous ».

Ces jeunes raveurs ont pris soin d’eux, à leur manière. Ils se sont réappropriés le périmètre de leur corps, la juridiction de leurs allées et venues. Ils ont exercé un droit ancien (même au temps de la peste et du choléra les troubadours ne s’étaient pas arrêtés de jouer), un droit naturel, celui de s’assembler pour s’égayer. Le prix à payer pour leur incartade est élevé. Mais il est le gage d’un refus, un refus de succomber à la soumission aveugle à un pouvoir étatiste qui voudrait tout contrôler, tout réglementer, tout protéger.

Ce qui est flippant, ce n’est pas le virus, c’est la grande trouille qui s’est emparée de cette société au point de la mettre en veilleuse, de la placer sous couveuse. Au point que des gens en dénoncent d’autres parce qu’ils… dansent. Tout le monde n’a, heureusement, pas envie de traquer ses voisins ou de bouffer sa ration hebdomadaire de séries télévisées insipides et soporifiques qui fonctionnent comme un soma huxleyien. Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir valser, guincher, gambiller. A regagner leur condition humaine. Je les rejoins.

Retrouvons nos gestes, franchissons les barrières. Réunissons-nous dans des endroits secrets et dansons sur des musiques délétères avec de vrais d-j sans qu’aucun couvre-feu ne vienne briser notre élan. Keep rocking in a free world! Keep dancing in a wild world!

Eric Therer   

 

 

 

Ce fut un réel plaisir de voir que certain (j'hésite à mettre un "s" ) d'entre nous n'ont pas peur de leur ombre et ose être le diable.
Merci, et que FAUST soit avec nous, pactisons et complotons allègrement sans avoir peur du qu'en dira-t-on.

ENFIN !!!

Séditieux, factieux, agitateur, révolté, perturbateur, insurgé, extrémiste, subversif, émeutier, trublion, anarchiste, nihiliste que tu es ! T’as rien compris ! C’est pour ton bien : égoïste, sans-cœur, « va-aux-soins-intensifs-et-meurs-y-vite », 21.000 morts te disent merci, assassin ! Pas capable de réfréner tes petits caprices pendant quelques sem… mois ? Et tu fais quoi, toi, pour régler le problème ? Juste bon à te planquer derrière ton clavier. Parie que t’es allé à l’étranger dans la neige … Après, tu viendras pleurnicher pour qu’on te soigne : t’as signé une décharge ? Si tu as ramené un variant, même ta mère te reniera. Et elle aura raison : criminel !
Soutien total à notre police : fais leur métier une journée, tu verras ce que c’est, planqué.
Va en Corée du Nord, si tu trouves qu’on n’est pas bien en Belgique. D’ailleurs, Thérer, ça ne sonne pas vraiment de chez nous, hein ? Ahaa, Môssieu fait moins le malin.
Dictature, toujours les grands mots : tu sais ce que c’est au moins ?

1. Il existe un classement de l’indice de démocratie.
Selon la carte établie par l’Economist Intelligence Unit en 2018, notre pays était classé dans les « démocraties imparfaites » (de 7 à 8 sur une échelle de 10), comme la France, l’Italie ou la Grèce. Moins bien que l’Espagne, l’Allemagne ou les Pays-Bas, eux-mêmes un cran en dessous de la Norvège et de l’Australie. Et de la Suède, vous savez ? ce pays qui a « très mal géré la crise sanitaire » (c’est ce qu’a osé dire S. Van Gucht, le véto de nos Task Forces, qui a 1000 explications bidons pour faire croire que 1800 morts/million d’habitants, c’est moins que 1100 et que 400.000 PV de police, c’est plus glorieux que de protéger sa démocratie). Notez que la Russie est classée dans les régimes autoritaires (2-3), comme l’Iran, devançant de peu la Corée du Nord et le Yémen, bons derniers. Ça, c’est des dictatures !

2. Et ça s’attrape comment ?
Le dictateur est, étymologiquement, « celui qui parle » (à la TV et dans les rézosocios, de nos jours). Ce n’est pas « seulement » le tyran de l’antiquité :
Montesquieu : « qui ne respecte pas les libertés des individus et dont le principe est la crainte » ;
Hannah Arendt : la dictature est « totalitaire, lorsqu’elle s’immisce jusqu’au cœur des sphères privées ».
Un pouvoir arbitraire se révèle par la violation de la constitution ou l’établissement de lois d’exception. Ce n’est pas toujours le fruit d’un coup d’État (le bon vieil Adolphe a d’abord été élu) et, si le non-respect de la liberté de la presse est un de ses symptômes les plus criants, un tel régime n’a même plus besoin d’y recourir quand la presse est déjà à sa botte.
Un régime totalitaire se maintient s’il peut s’appuyer sur une force armée, des médias complaisants et, comme de juste, une partie de sa population, plongée dans l’hébétude et/ou vivant de ses largesses.
Dans V comme Vendetta, l’oppression sécuritaire passe par une propagande omniprésente, télévision en circuit fermé et falsification de l’information, pour augmenter le mérite de ses propres actions au service de l’intérêt général. Le slogan de Vendetta ? « L’union fait la force. La loi fait l’union ». Ça fout les chocottes ? Ben non, chez nous, ça n’arrive pas des choses pareilles. Des virus de l’autre bout du monde non plus, d’ailleurs.
Les ingrédients de départ sont donc connus : systèmes de surveillance ; manipulation médiatique ; utilisation de la peur ; gouvernants qui prennent les gouvernés pour des abrutis finis et ces derniers qui finissent par y croire.

3. Oui mais … c’est que des histoires, hein ?
À voir. Dès les premières heures de la crise, nos gouvernants ont opté pour un système médiocre de réglementation exclusivement répressive et ont chargé la police, dont la vocation première est (était ?) pourtant de protéger la population, de mettre en œuvre des interdictions bricolées, changeantes, et de moins en moins crédibles quant aux effets.
On a (vite) vu une partie de nos braves « autorités » dérailler : un gamin meurt sur son scooter à Anderlecht (« s’il a fui, c’est qu’il n’était pas droit dans ses bottes » : peine de mort à titre posthume ?) ; un autre est arrêté dans une file de distribution de colis alimentaires et mis au cachot (le benêt de service « expliquera », sans rire, que cette distribution « n’avait pas été autorisée » : ah ? Alors d’accord, c’est pas comme si le gamin crevait de faim …) ; un citoyen français (« de couleur », mais ça n’a rien à voir) est tabassé par la maréchaussée (un faux PV est rédigé, heureusement, mais quel est le c… qui a mis une caméra ?) ; une manifestation placide, à Liège, se termine en extorsion de fonds sur le pont Maghin (« On a géré ça pacifiquement », ne craindra pas de couiner le baronnet local derrière ses autopompes) ; aucune pantalonnade ne nous a été épargnée aux frontières (« Ça va, tu peux passer. Tu passes ? Tu craches ! Va écouter le miniss’ sur RTL, il va t’espliquer ») ; le parquet légitime la saisie du Smartphone, comme « objet qui sert à constituer l’infraction » (à quand le sonotone du malentendant ?), ainsi que des violations de domicile qui dégénèrent en castagne (« la dame était arrogante, on n’avait pas d’autre moyen » : c’est rassurant de se dire que le grand banditisme est réprimé avec un tel sang-froid), etc. J’en ai un paquet en magasin. On s’offusque de la chasse à courre mais on se retourne à peine sur l’effet de meute de l’affaire Chovanec (« Appelle les secours quand son cœur ne bat plus, faut pas nous emmerd… non plus ! »).
Ce sont des « dommages collatéraux inévitables, tout le monde oubliera ».
On vomit un arrêté ministériel à chaque spasme, on croit toujours qu’on a les pouvoirs spéciaux (on ne les a plus ? C’est qui qu’a oublié ?) et de toute façon, on s’en fiche éperdument : le parlement est en état de mort cérébrale et les médias sont bien d’accord que « si cette crise dure encore, c’est uniquement à cause du comportement de la population ». Même les réseaux sociaux le reconnaissent, c’est dire !
Certes, je reste persuadé que la majorité de nos pandores détestent (presque) autant que moi la dénonciation, l’interpellation de gamins « qui ne portent pas bien le masque », l’invective de deux vieilles personnes qui se font un câlin, la verbalisation de ceux qui veulent juste enterrer leurs morts ou prier leur dieu, mais il y a assurément du nettoyage à faire au sein d’une minorité de nazillons qui ont trop vite compris qu’on leur avait donné les clefs de la seule chose qu’ils aiment : la répression aveugle, et d’autant plus facile qu’elle s’exerce (enfin) sur le badaud plutôt que sur le délinquant, le vrai, celui qui cogne en retour. Celui dont on devrait protéger la population ? J’ai entendu des plus confiants que moi dire : « Maintenant, c’est simple, j’ai peur de la police » …

4. On progresse, quand même ?
J’espérais qu’on avait touché le fond.
Jusqu’à ces images de la manifestation du 31 janvier à Bruxelles : des flics par centaines, plus nombreux que les manifestants, des chevaux, des chiens, des matraques, des casques ; des citoyens entravés par des colsons, collés les uns aux autres comme dans une partouze de clebs (PV pour non-respect des distances de … sécurité ?) puis entassés dans des bus et des cellules.
Le tout, sans qu’aucun quotidien s’en émeuve. Ils étaient là, pourtant : ils ont fait des photos. Ça leur en touche une sans faire frémir l’autre ?
Le Soir titre, ce jour-là, que cette manifestation avait été interdite : ben voilà, tout est dit, non ? Le scribouillard ajoute … « par la police » ! Je crains que ce soit vrai, en plus.
Docteur, avoir peur de la police, c’est un effet secondaire du covid ou du vaccin ? Et ne plus croire à ce que disent les journaux, c’est vrai que c’est un signe de complotisme ? Mais vous, vous avez fait des études de médecine, pas vrai ? Comme les Gargamels du poste qui disent un truc et son contraire entre deux vanteries, c’est ça ? Pourquoi je vous croirais, alors ? Vos vacances, c’était Pfizer ou Zeneca ? T’en foutrai, moi, des équipes de 11 millions !

5. Ça arriverait près de chez nous ?
Je me repasse le film, je dois avoir mal compris. Moi aussi. Y a pas de raison que j’y voie plus clair qu’un autre. « T’es expert ? T’as fait des études de 15 ans ? Non ? Alors, fais pas le malin : tu insultes la famille de 21.000 morts, égoïste. Droitsdel’hommiste ! ».
J’ai quand même l’impression que, de tous les côtés, on n’a pas cessé de délirer plein tube :
- Toutes les conférences de presse disent qu’il « faudrait que les belges comprennent » (« C’est pas possible d’être entouré d’autant d’idiots ! ») ;
- Notre Premier estime que « soumettre ces questions au parlement ne résoudrait rien » tellement il trouille, non que les quelques gonades flasques présentes ne le suivent pas mais que sa forte opposition flamande, qui ne ferait pas mieux que lui mais reste à l’affût, en profite pour le mettre en minorité ;
- Notre Gollum ombrageux de la Santé devient bilieux à la moindre question qui attente à sa supériorité : « ses experts sont bien d’accord » et « on ne se rend pas compte », on est fatigants, à la fin ; après quoi il nous fait son Kââ (Aie confianssss…) ;
- Le Tatayet interfédéral nous promet que le printemps va nous aider à sortir de là (euh, le printemps, c’est Mars-Avril, non ? Les mêmes qu’en 2020 ?) et que le virus anthropomorphé « n’aime pas le beau temps » (les records de décès en Amérique du Sud, c’est bien quand il faisait plus de 30° ou c’est moi qui … ?) : quand il dit que « notre autre atout, c’est le vaccin », il espère quoi ? Qu’on saute de la falaise en espérant que, comme il l’a dit, il y a bien de l’eau en bas ?
- Et ce dimanche 31.01, le porte-parole bègue de la police « justifie » la divagation répressive par la présence d’un lance-pierre et de trois feux de Bengale confisqués (ouf, on a eu chaud ! Si Abdeslam avait eu ça sur lui, on n’aurait pas dû attendre l’heure légale pour l’interpeller, crois-je me souvenir).

6. Y a des témoins, quand même ?
Nos courageux journalistes ayant rayé de leur vocabulaire le mot contre-pouvoir, j’ai cherché ce qu’on en disait (peut-être) à l’étranger, histoire de voir si notre médaille d’or des décès (et de la surmortalité vérifiée, si, si, même après correction de la surestimation) allait s’augmenter d’un brevet de totalitarisme d’État, et j’ai découvert avec joie quelques lignes dans « Libération », ce même 31 janvier 2021 :
X, 23 ans, Y, 18 ans et Z, 26 ans, trois étudiants (…), ne comprennent pas ce déploiement des forces de l’ordre. « (…) Combien de policiers, de forces antiémeutes ? C’est absurde et effrayant (…) », déclarent-ils. Malgré la peur d’être arrêtée, X ne voyait pas comment faire autrement : « Il faut sortir, sinon personne ne saura ce qui se passe et ce que fait la police » (…). « On en a marre de cette politique répressive, on veut du changement » ! (…) Les forces de l’ordre se sont déployées massivement et ont procédé à des arrestations, enfermant les manifestants dans les dizaines de fourgons de police disséminés en nombre tout autour.
Le nouveau secrétaire d’Etat américain Antony B. a dénoncé les « tactiques brutales » de la police contre des « manifestants pacifiques ».
L’UE a également regretté les « arrestations massives » et « l’usage disproportionné de la force ». « Les gens doivent avoir la possibilité d’exercer le droit de manifester sans crainte de répression. (Chacun) doit respecter ses engagements internationaux », a tweeté le chef de la diplomatie européenne Josep Borell.
Ouf, je ne suis pas le seul à penser ça !
Aïe, je me plante : ce n’est pas de la Belgique que Libération parle, c’est de la Russie … Ouuuh, l’affreux pays totalitaire ! Où des gens prétendent réclamer plus de liberté. Ils ne sont quand même pas très malins, ces Russes : puisqu’on vous dit que la manifestation est interdite ! Faut pas vous étonner, après …
En 2018 : Russie, rouge foncé – Belgique, vert clair. En 2021 : balle au centre.
« Il faut rétablir le contact avec la population » ?
Caramba, encore raté. Eric Therer avait raison.
Et depuis 11 mois, le virus est le seul qui ne prend rien sur la G…
Jari.

Ajouter un commentaire

Texte brut

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.