Interview de Mme Marguerite Crasson, Juge de paix de Sprimont

Interview

Bonjour Mme la Juge de paix,

Merci d’avoir accepté de répondre à quelques questions afin que les plus jeunes de nos lecteurs puissent vous découvrir.

1/ Pouvez-vous nous rappeler dans les grandes lignes votre parcours professionnel ?
Je suis liégeoise ; je suis originaire d’Oupeye et j’ai suivi mes études secondaires au collège Saint-Barthélemy.
Durant mes études de droit à l’ULg, j’étais déjà en couple avec celui qui allait devenir mon époux ( N.A. Notre confrère Bernard MAQUET). Mon compagnon était déjà avocat. Je vivais la profession par procuration. L’attrait pour le métier s’est installé. J’ai effectué mon pré-stage au sein du Bureau Matray avec Maître HALLET.  A l’université, mes options étaient le droit social et les régimes matrimoniaux.
J’ai ensuite travaillé 11 ans au sein du cabinet GERADIN. J’y ai pratiqué le droit bancaire, droit des assurances et le droit de la famille notamment avec Me Bénédicte VAN DEN DAELE (ma patronne de stage). Je suis également devenue médiatrice familiale durant cette période. J’ai été Juge suppléante auprès de Mr LEHRO à la justice de paix de VERVIERS 2 durant une année. J’ai passé l’examen pour accéder à la magistrature en droit civil en 2011. 
Nommée, j’ai transité par le TPI de Bruxelles avant de revenir à Liège et Huy en 2016 pour y pratiquer différentes matières : famille/jeunesse/instruction/ correctionnel/ gestion des requêtes familles,  les succession vacantes, liquidation-partage…
Enfin, depuis quelques semaines (début janvier 2025), je suis devenue la Juge de paix de SPRIMONT, succédant à Mme Dominique ROCOUR qui exerçait cette fonction depuis 12 ans.

2/ La fonction de juger s’est-elle imposée à vous naturellement ? 
Être avocat est le plus beau métier du monde mais c’était compliqué pour moi d’être « au four et au moulin », à la fois d’être une bonne juriste ET une bonne « commerciale » pour trouver et fidéliser des clients. J’ai choisi de tenter d’être une bonne juriste. J’apprécie le côté objectif de la fonction de magistrat.
J’ai travaillé tout autant si pas plus encore comme magistrate dans le cadre de mes différentes fonctions, donc passer la barre n’a pas été une solution de facilité, mais il y a moins ce rapport à la clientèle, je n’ai plus à gérer cet aspect des choses. 
Je peux aussi gérer mon temps différemment et cela me correspond bien. 
Bien qu’ayant été habituée chez GERADIN à travailler dans une grosse structure avec beaucoup de monde autour de moi, j’apprécie les moments où je suis seule à la maison pour rédiger mes jugements et étudier mes dossiers. 

 


S.I d’Eric (Je rêvais d’écrire « sur interpellation ».. 😉 : Pourquoi « Juge de paix » ? 
Plus particulièrement, ce qui m’attire comme Juge de paix, c’est le contact avec les gens et une idée d’apporter des solutions concrètes à des problèmes existants ; une idée de proximité ; un sentiment irrationnel vu que le magistrat apporte également des solutions devant les autres juridictions. 
A mi-chemin entre la quarantaine et la cinquantaine, j’estime à présent avoir la maturité et la crédibilité pour mener ma barque ; la justice de paix incarne bien cette idée.
Un Juge de paix de 30 ans, dans mon esprit, incarne moins cette fonction.
Les administrations de biens occupent 50% de mon temps (il y a 650 administrés à gérer).
Il y a aussi beaucoup de baux, de conflits de voisinage et les inéluctables factures impayées.
L’équipe avec qui j’ai pu faire connaissance est efficace et très professionnelle et j’ai été bien accueillie ; tout se présente bien.

3/ Sans dévoiler trop de secrets, accepteriez-vous de nous dire ce que Marguerite CRASSON fait de son temps libre ? 
J’ai deux enfants adolescents, et ça prend déjà beaucoup de temps.
Je fais du sport : je cours, je fais du pilates, du renforcement musculaire ...
J’adore cuisiner et d’ailleurs des petits gâteaux seront disponibles pour les avocats à la justice de paix (AH non, pardon, ça c’est l’auteur qui s’emballe, mais elle aime cuisiner ça c’est vrai.. J ).
J’aime donc beaucoup les plaisirs de la table et je peux rarement refuser un vin blanc de Moselle allemande.
Je ne lis pas beaucoup (par manque de temps).
J’adore énormément les blind tests avec mes amis, y jouer et les créer.

 


 

4/ Pouvez-vous me dire ce que vous attendez d’un administrateur de biens ? 
Sur un plan technique, de la diligence ! Répondre à mes courriers, rentrer ses rapports à temps ; ce qui semble être le minimum syndical n’est pas toujours respecté et le greffe doit malheureusement consacrer du temps aux courriers de rappel. Si je dois écrire quatre fois à un avocat pour avoir une réponse je vais avoir du mal de le considérer comme diligent… 
J’attends d’un administrateur une main de fer dans un gant de velours avec les justiciables, mais chaque situation est différente, il faut toujours beaucoup d’empathie mais parfois plus de fermeté et parfois plus de douceur….
C’est la confiance qui est importante, celle entre le Juge et l’administrateur, et celle entre l’administrateur et son administré.
Je cernerai vite qui fait quoi, et qui est digne de confiance, par exemple quel est l’administré qui se plaint à juste titre et celui qui se plaint pour un oui ou pour un non.

5/ Et d’un avocat ? 
De connaître son dossier (Note de l’auteur – Presque tous les Juges de paix ont répondu cela depuis le début des interviews).
Savoir comment ont été calculés les intérêts réclamés ? Leur dates de départ, leur taux ? 
De quel bail s’agit-il ? Durée ? Loyer ? Garantie bancaire ? Bref les réflexes du stagiaire de première année.
Je ne suis pas (trop) exigeante mais un peu de professionnalisme tout de même.
***

6/ Que pouvez-vous dire aux avocats qui seraient impressionnés de venir plaider à SPRIMONT ?  
Ne soyez pas inquiets, il n’y a pas de raison ; tout le monde a envie que ça se passe bien ; soyez les bienvenus.

***

7/ Je voudrais finir notre entretien par quelques questions du tac au tac…
a.    Les premières sont inspirées du fameux questionnaire de Proust.

QUESTIONNAIRE DE MARCEL PROUST

 

Le principal trait de mon caractère Sociable
La qualité que je désire chez un homme L'humour
La qualité que je préfère chez une femme L'humour
Ce que j'apprécie le plus chez mes amis La bienveillance
Mon principal défaut L'impatience
Mon occupation préférée La cuisine
Mon rêve de bonheur Les grands voyages
Quel serait mon plus grand malheur Perdre un enfant
Ce que je voudrait être Chef d'un grand restaurant
Le pays où je désirerais vivre L'Italie
La couleur que je préfère Le bleu
Le fleur que j'aime L'orchidée
L'oiseau que je préfère La colombe
Mon auteur favori Musso
Mon héros favori dans la fiction Daenerys Targaryen (Personnage de la série TV Game Of Thrones)
Mon peintre favori Gustav Klimt
Mes héros dans la vie réelle Jean-Michel FOIDART
Mon mot favori " Ce qui est fait n'est plus à faire "
Ce que je déteste par-dessus tout La fainéantise
Caractère que je méprise le plus La mauvaise foi
Le don de la nature que je voudrais avoir L'adresse (je suis assez maladroite)
Comment j'aimerais mourir Dans mon sommeil
Etat présent dans mon esprit Confiante dans l'avenir
La faute qui m'inspire le plus d'indulgence La distraction
Ma devise /

 

            
b.    Quelques questions sorties de l’esprit de votre serviteur.

Votre film préféré Le parrain
Votre chanson préférée The power of love (Frankie Goes to Hollywood, 1984)
Votre livre préféré La tresse
Votre série préférée Homeland
A quelle époque aimeriez-vous vivre Dans les années 70
Votre idéal physique masculin (quelqu'un de célèbre) Brad Pitt (Le vrai... J)
Votre plat préféré Une bonne pâte bolo
La personne que vous admirez dans le domaine professionnel judiciaire Jean-Marie GERADIN
Votre plaisir coupable Le vin blanc
Votre défi sportif à relever Faire un jour un marathon
Votre résolution de bonne année 2025 ? Gérer au mieux la justice de paix

c.    Pouvez-vous finir en nous racontant une blague ou une anecdote ? 

Dans la salle d’attente de chez GERADIN, attendent en même temps leur avocat respectif un patron d’une grosse société et un petit délinquant ; le petit délinquant se tourne vers le PDG en costume et lui demande ex abrupto : « Et vous, vous êtes le volé ou le voleur ? ».

***

Un grand merci Mme le Juge de paix de vous être prêtée au jeu.
A très bientôt.
Merci à vous. 

Eric Taricco

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