Partager sur
Interview de Mme la Bâtonnière de la division de Huy Géraldine Danloy
Sarah VAN DE WIJNGAERT : Madame la Bâtonnière de la division de Huy, pourriez-vous tout d’abord vous décrire en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore (parcours professionnel, situation aujourd’hui) ?
Géraldine DANLOY : Même si je suis issue d’une famille de juristes, j’ai longtemps hésité entre le droit et la psychologie mais quand je me suis inscrite à la faculté de droit, j’ai immédiatement trouvé que cela me correspondait bien.
J’ai prêté serment le 10/10/1996 (donc ça date). J’ai fait mon stage auprès de Mr le Bâtonnier Joseph GEORGE.
Je me suis toutefois installée assez vite à mon compte, c’est à dire après 1 année de stage, avec 4 jeunes avocats. Nous partagions les frais d’un immeuble à Huy, Rue des Bons Enfants. Il s’agissait d’une association de frais.
J’étais la seule fille, ce qui n’était pas toujours drôle. A titre d’anecdote, Alexis HOUSIAUX, qui avait son cabinet d’avocat en face de nos bureaux, venait régulièrement dire bonjour aux garçons. Un jour, alors qu’il y avait de la vaisselle sale dans la cuisine, il a déclaré en riant « la vaisselle n’est pas faite, vous avez une fille pourtant ! ». Aujourd’hui, il ne dirait plus cela, j’en suis certaine.
En 98, j’ai ensuite eu l’opportunité, avec Jean-Marc HUSSON, de racheter un bâtiment. Nous avons ensemble fait une association complète et cela a duré plusieurs années.
En 2006, nous avons mis fin à notre association et chacun a pu relancer son activité seul (avec un autre avocat pour ce qui concerne Jean-Marc).
J’ai alors fait l’acquisition d’un bureau, à nouveau dans la Rue des Bons Enfants à Huy et j’ai pu y installer une pièce exclusive pour y exercer mes mandats de médiations familiales.
Je suis revenue à mes premières amours et j’exerce toujours actuellement dans ce bureau.
Il s’agit d’une petite structure puisque j’ai 2 secrétaires et 1 collaboratrice.
Au niveau personnel, je suis mère de 2 enfants : 1 fille de 24 ans et un garçon de 21 ans.
Pour répondre à votre question, aucun des deux n’est destiné à devenir un jour avocat.
Sarah VAN DE WIJNGAERT : Pensez-vous qu’il existe beaucoup de stagiaires qui n’ont pas d’autre choix que de quitter leur maître de stage pour se mettre à leur propre compte ?
Géraldine DANLOY : Les époques sont différentes. Quand j’ai commencé, je vivais toujours chez mes parents donc j’ai pu m’installer un bureau sans Maître de stage. Il n’y avait pas de contrat de stage tel qu’il existe actuellement.
Aujourd’hui les avocats stagiaires sont heureusement plus encadrés et plus protégés via des mécanismes spécifiques comme le rapport de stage ou l’agrément des maîtres de stage. L’objectif premier est de faire en sorte que l’entrée dans le métier et donc le stage se déroule le mieux possible ».
Sarah VAN DE WIJNGAERT : Un défaut ?
Géraldine DANLOY : Un brin têtue.
Sarah VAN DE WIJNGAERT : Une qualité :
Géraldine DANLOY : Mon sang-froid.
Sarah VAN DE WIJNGAERT : Dans votre rôle de bâtonnière de division, il y a-t-il un sujet ou un domaine qui vous tient particulièrement à cœur ?
Géraldine DANLOY : Oui. L’aide qu’on peut apporter à nos confrères en difficulté.
On pratique un métier complexe et j’ai pu remarquer que bon nombre d’entre nous sont en difficulté, que cela vienne de la fracture numérique, de difficultés familiales, personnelles, de santé, organisationnelles ou financières.
Je connaissais déjà cette réalité mais je me suis encore plus rendue compte dans le cadre de ma fonction de bâtonnière de division, que certains pouvaient être dans des situations vraiment délicates.
Pour moi, il est très important de ne laisser aucun avocat de côté.
Sarah VAN DE WIJNGAERT : Comment se passe votre bâtonnat après les quelques premiers mois ?
Géraldine DANLOY : Ce qui est compliqué c’est de devoir réorganiser constamment son agenda car il faut cumuler les plaidoiries, les réunions professionnelles et la gestion quotidienne de mon cabinet avec les réunions liées à mon mandat. Je ne vais pas mentir, c’est assez énergivore.
La plupart des réunions fixées dans le cadre de mes fonctions de bâtonnière de la division de Huy se tiennent à liège. Ce n’est pas tout près de mon bureau.
J’ai vite pris conscience qu’il fallait s’adapter rapidement afin de concilier ma profession d’avocate et mon rôle de bâtonnière de division.
Sarah VAN DE WIJNGAERT : Quelle est votre souhait pour vos deux ans de mandat ?
Géraldine DANLOY : Je pense que ce serait de poursuivre la cohésion des barreaux de Liège-Huy à tous les niveaux.
En tant que représentante des avocats de la division de Huy, j’ai toutefois envie de conserver nos évènements spécifiques comme : le Petit déjeuner de Saint-Nicolas, le Diner de Noël, les Apéros (Nouvel an ou de Printemps) et notre Barbecue de fin d’année judiciaire.
Ce serait en effet dommage de ne pas poursuivre ces activités car je reste persuadée que cela facilite l’intégration des jeunes avocats et cela permet de se côtoyer dans des moments plus légers qu’en audience ou lors de réunions professionnelles.
Ces évènements feront toujours partie de notre ADN hutois.
Sarah VAN DE WIJNGAERT : Pour conclure, quelles sont les suites que vous envisagez après votre mandat ?
Géraldine DANLOY : Mettre à profit le temps retrouvé pour voyager.
Sarah Van de Wijngaert
Ajouter un commentaire