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Chronique de Gaby - Chapitre 8
D’après Copilot (oui, j’ai décidé de vivre avec mon temps. Enfin, d’essayer du moins), la procrastination est le fait de remettre volontairement à plus tard une tâche que l’on devrait accomplir, même en sachant que ce report aura des conséquences négatives.
Elle implique donc un écart entre l’intention d’agir et l’action réelle.
Je ne sais pas vous, mais moi cette manière qu’a l’IA de mettre des passages en gras comme si on était trop stupides pour déceler nous-même quelle partie de la phrase est importante, ça me troue le …, je veux dire ça m’horripile.
Il est précisé que la procrastination consiste à différer (OK, j’arrête) une action importante au profit d’activités plus faciles ou plus agréables.
Je ne suis pas vraiment d’accord avec cette définition.
Bon, objectivement, je suis assez souvent en désaccord avec des intelligences réelles (réelles… certes. Importantes ou qualitatives, non. Mais réelles…) pour vivre en paix avec le désaccord avec une intelligence artificielle.
Pourquoi ? Me demanderez-vous. (Demandez-le moi sinon la chronique s’arrête ici).
Pourquoi ? Hé bien, vous répondrai-je. (OK, jusque-là la qualité du texte permet de confirmer que parfois l’IA peut faire mieux que l’humain).
Parce que, dans mon cas, la procrastination est générale. Totale. Non sélective.
Je procrastine TOUT. Même les tâches agréables (d’où le désaccord).
Et ce, depuis toujours.
Est-ce que j’ai déjà récuré des chiottes en période de blocus pour me retrouver en PLS devant mon cours de droit public à 3h du matin, veille d’examen ? Oui.
Est-ce que j’ai déjà vendu 30 lasagnes en un jour pour financer mon camp scout en sonnant à toutes mes tantes la veille du délai pour rendre le papier (alors que je les croisais toutes les semaines depuis 2 mois avec mon papier en poche) ? Oui.
Est-ce que j’ai déjà attendu le trop dernier moment pour un run pré-resto, pour me pointer ½ heure en retard à l’apéro ? Oui.
Est-ce que j’ai déjà commencé à cuisiner un gâteau Mine Craft la veille d’une fête d’anniversaire à 22 heures alors que j’avais passé l’après-midi à bouquiner ? Non (qui a le temps de bouquiner l’après-midi entre un boulot d’avocate et 3 gosses ? Pas moi. Mais j’ai quand même attendu le dernier moment pour cuisiner ce gâteau. Vous n’aurez pas la photo. Il était moche mais bon et j’ai bien élevé mes enfants, ils l’ont trouvé super, c’est ce qui compte, mais je m’égare).
Alors là, on a un premier indice. Ce n’est pas tant que je procrastine, c’est surtout que je m’égare.
Je suis la fille qui descend à la cave chercher la farine pour le gâteau, et qui remonte 45 minutes plus tard, une lessive lancée, les conserves triées par taille, un châssis sale depuis 6 ans nettoyé et … sans farine, évidemment.
Ça ne s’améliore pas avec l’âge (Spoiler alert si vous êtes jeune, en couple et que votre moitié a un petit défaut mignon qui vous agace un peu. Ça ne va PAS s’améliorer avec l’âge. Jamais. Un jour vous aurez envie de le tuer pour ce mignon défaut. Je sais, je… m’égare ! mais cela me paraissait indispensable de partager cette expérience douloureusement acquise. Autant que ça serve. Et comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, c’est ma chronique, je fais ce que je veux).
Je ne vous raconte pas quand je descends au secrétariat chercher un dossier.
Je raconte ma dernière aventure aux secrétaires, je détartre la machine à café, je punaise les dernières cartes postales qu’on a reçues, et je remonte… sans le dossier. Evidemment.
Si mon cabinet prend le virage du paperless, ce n’est pas qu’une question d’écologie. C’est pour mon cardio.
Combien de fois ai-je attendu le dernier jour utile pour traiter un dossier, me suis-je rendu compte qu’il me manquait quand même 2-3 brols, me suis-je maudite intérieurement de devoir appeler le client sous couvert de l’urgence… Alors que si j’avais fait cela 2 semaines avant, ça m’aurait pris tellement moins d’énergie ! et je vous passe l’angoisse de l’embouteillage de la sortie d’école alors que tu dois ABSOLUMENT déposer tes conclusions sur le bureau du Greffe avant 16 heures pour obtenir le sacro-saint cachet daté ! (Oui, internet existait quand j’ai commencé ma carrière mais pas DPA).
Combien de fois n’ai-je pas contacté, par exemple, l’administration de la TVA pour négocier un rabais des intérêts de retard en inventant 1000 excuses qui ressemblaient à autre chose que « Désolée mais j’ai un peu trop attendu » (Bah oui, ma pauvre Lucette, c’est bien parce que tu es en retard que tu paies des intérêts de retard).
Combien de fois me suis-je dit pendant mes vacances au ski « Gaby, écris ta chronique pour l’envoyer à Mathilde le jour où tu rentres, à la reprise ce sera le bordel et tu n’auras pas le temps ».
Mais vous savez le pire ?
C’est que ça marche.
Le client se coupe en 4 pour me donner ce dont j’ai besoin à la minute, le contrôleur de la TVA fait semblant de me croire et me dit « Maître Marsein, je vais faire comme si c’était la première fois ».
Je dis le pire, mais il y a pire que ça encore.
C’est que, sous la pression, je suis d’une efficacité redoutable.
Droit public ? J’ai fait 15 (pour ce que ça m’a servi depuis…)
Les lasagnes ? J’ai eu le bonus de la meilleure vendeuse. (un pin’s si je me souviens bien)
Le gâteau ? Un délice. Moche. Certes. Mais délicieux.
Alors, je crois que dans la sagesse de l’âge, il va falloir commencer à accepter que c’est comme ça, ça ne changera pas et donc… L’enjeu ne serait-il pas plutôt de faire en sorte que le dernier moment soit le moment propice ?
(Faut-il craindre qu’alors j’attendrai le moment suivant. Qui sait ?)
Mais promis, Mathilde, la prochaine fois je respecte la deadline auteur !
NB : Si cette chronique paraît en mars, c’est qu’une fois encore, la procrastination était du côté du succès. Si vous me lisez en juin… Hé bien, c’est l’exception qui confirme la règle tiens !
Gaby
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